Rencontre avec les classes de 3ème à Beaulieu sur mer

Compte rendu fait en classe avec les élèves et les enseignants d’Histoire au Collège Jean Cocteau les jeudi 19 et vendredi 27 janvier 2012


Sont consignés ci-dessous, des remarques faites par les élèves ayant assisté aux conférences-débats, sans ordre et de façon brute.Seule l’expression a été modifiée pour améliorer la transcription des notes prises lors des comptes rendus.

  • Une curieuse sensation de parler avec quelqu’un de sa famille, comme si on parlait avec un parent. Une sensation parfois d’entrer dans la vie privée des témoins. Certains en ont éprouvé un peu de gêne mais cela n’a pas duré ; les témoins ont mis le public à l’aise par leur discours direct.
  • Une impression de « réel », une autre façon de voir l’histoire, très différente des cours avec moins d’enchainements de faits et de dates, de causes et de conséquences et davantage d’anecdotes vécues, de remarques qui rendent le récit vivant ; peut-être moins scientifique mais très complémentaire de ce qui se fait en cours. Très curieux aussi pour les élèves, le rattachement des faits à des lieux de vie (maison, déplacements, rues, lycées etc…et des noms connus de proximité)
  • Impression générale que le discours n’était pas construit (comme un cours ou une leçon) ; une trame suivie mais avec plein de digressions, de détails, un cadre très souple avec des choses qui ne sont pas dites en cours ou en tout cas pas de cette façon.
  • Très bien que les interventions aient eu lieu après le cours ; avoir des repères précis permet de mieux suivre les témoignages, de mieux les comprendre.
  • Un récit ressenti comme violent et brutal mais sans haine ; un discours ressenti comme apaisé, un discours de personnes âgées ayant de l’expérience, pris du recul même si on sent que, par moments, les souvenirs sont durs à revivre. La violence est atténuée par le calme du discours.
  • Quelque chose de difficilement imaginable, d’un peu irréel mais qui, au fil du récit et des minutes devient réel, bien plus réel que toutes les photos, films, textes étudiés sur ce thème.
  • Le cours et le récit du professeur, surtout quand il décrit des horreurs, même à l’appui de documents, semblent toujours irréels ; la présence des témoins a très rapidement donné de la réalité à ce que les élèves savaient mais sans en avoir réellement pris conscience.
  • Cela peut-il se reproduire ? Malgré tout, peu d’élèves pensent que cela peut revenir dans notre pays et même dans les pays voisins. Un passé qui ne peut revenir, un sentiment que l’expérience et l’histoire ne se reproduiront pas. L’impression que c’est d’un passé impossible à réapparaître (et cela malgré ce que les témoins en ont dit), que nous sommes loin de cela, à l’abri de telles horreurs.
  • Des émotions fortes à certains moments du récit : l’évocation des familles des résistants (parents, frère…, la maison) a énormément touché les élèves ; l’évocation des morts et des mises à mort (Guy Môquet, les amis maquisards, les fusillés…).
  • La plupart ont trouvé le temps court, vite passé.
  • Surprise chez beaucoup d’élèves : l’ouverture d’esprit de nos témoins et les déclarations de tolérance, les liens faits avec d’autres événements plus récents, d’actualité. Les élèves ont trouvé que leurs interlocuteurs sont « restés jeunes ».
  • Une image de la France qui leur semble étrange : un pays qui s’effondre, qui connaît le chaos, qui se voit fort et puissant et qui se révèle faible, pas un grand pays.
  • Qu’aurait-il fallu en plus ? Les élèves auraient aimé avoir le témoignage d’une personne déportée ; les camps et la vie dans les camps leur semble également quelque chose d’incroyable, d’inimaginable ; ils auraient voulu pouvoir en avoir une vision plus réelle.

 

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